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9 janvier 2012 1 09 /01 /janvier /2012 14:44

Prompteur : Appareil sur lequel défile le texte que peut lire le présentateur de télévision.

Imprompteur : Personnage qui habite l'improvisateur lorsqu'il a l'impression qu'un appareil extèrieur ou qu'une tierce personne s'exprime à travers lui sans qu'il fasse le moindre effort.

Deux personnages habitent l'écrivain-improvisateur : l'écrivain classique assis à sa table ou celui qui marche, qui travaille, qui réfléchit et son imprompteur, celui qu'il faut réveiller et certes échauffer un peu , mais qui improvise, parle tout seul avec sa voix à lui. L'écrivain lui n'a plus qu'à appliquer sa mise en forme et son style... Avec l'écrivain, il y a toujours un peu de l'imprompteur. Avec l'imprompteur, il y a d'abord un improvisateur, un écrivain oral, debout et qui profère son texte à haute-voix. L'imprompteur dans le meilleur des cas est remplacé par ce personnage qui vient habiter l'improvisateur et qu'il est en train de faire exister au fur et à mesure de l'impro...

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20 septembre 2008 6 20 /09 /septembre /2008 00:00
Vu le film de Doillon tiré de la pièce de Nathalie Sarraute "Pour un oui, pour un non" interprété par Jean-Louis Trintignant et André Dussolier. Le style de cette pièce pourrait constituer une catégorie d'impro à lui tout seul ou tout au moins un exercice qui nous permettrait de travailler à contre-courant de nos habitudes. Nous travaillerions ainsi : le ralentissement du jeu avec les silences, la locution récurrente "C'est bien... ça" qui rythme la scène, L'offre aveugle (on ne sait pas de quoi on parle mais on en parle), l'art de laisser planer des mystères sans les dévoiler, l'art de faire beaucoup avec presque rien: un mot, une intonation. Voici un extrait... H. 1 : C’est pour ça qu’avec moi, tu as pris des précautions… rien de voyant. Rien d’ouvert… H. 2 : On peut me comprendre… “ Rompt pour un oui ou pour un non… ” Tu te rends compte ? H. 1 : Maintenant ça me revient : ça doit se savoir… Je l’avais déjà entendu dire. On m’avait dit de toi : “ Vous savez, c’est quelqu’un dont il faut se méfier. Il paraît très amical, affectueux… et puis, paf ! pour un oui ou pour un non… on ne le revoit plus. ” J’étais indigné, j’ai essayé de te défendre… Et voilà que même avec moi… si on me l’avait prédit… vraiment, c’est le cas de le dire : pour un oui ou pour un non… Parce que j’ai dit : “ C’est bien ça ”… Oh pardon, je ne l’ai pas prononcé comme il le fallait : “ C’est biiiien… ça… ” H. 2 : Oui. De cette façon… tout à fait ainsi… avec cet accent mis sur le “ bien ”… avec cet étirement… Oui, je t’entends, je te revois… “ C’est biiiien… ça… ” Et je n’ai rien dit… et je ne pourrai jamais rien dire… H. 1 : Mais si, dis-le… entre nous, voyons… dis-le… je pourrai peut-être comprendre… ça ne peut que nous faire du bien… H. 2 : Parce que tu ne comprends pas ? H. 1 : Non, je te le répète… je l’ai sûrement dit en toute innocence. Du reste, je veux être pendu si je m’en souviens… J’ai dit ça quand ? A propos de quoi ?
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15 juin 2008 7 15 /06 /juin /2008 00:00
L'année 2008 est une année consacrée au grand poète loufoque et magnifique: Gherasim Luca. Même si je ne tiens pas un blog littéraire, il m'est impossible de ne pas mentionner celui-ci. Pour avoir souvent déclamé en public, quelques-uns de ses plus magnifiques poèmes : "Vers le non-mental", "Le désespoir"...; Pour avoir scander en tenue d'haltérophile sur un toit de Sallanches, "Quart d'heure de culture métaphysique" au cours du festival "Oh, les beaux jours"; Pour l'avoir vu triompher lors d'une de ses performances en 1989 à Genève. J'en profite pour partager quelques-unes des pépites audio que je détiens : - Émission de France-Culture du 16 janvier 2005 - La dernière émission sur France-Culture au mois d'avril 2008,
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30 mai 2008 5 30 /05 /mai /2008 00:00
Philippe Caubère porte haut le sentiment de l'impro. Il ne conçoit pas l'écriture théâtrale autour d'une table et considère l'improvisation comme une véritable écriture. "L'écriture du théâtre est une problématique particulière. Que cela soit la comédie, la farce ou la tragédie. Ce n'est pas seulement ouvrir son cahier d'écolier tout blanc et suçoter son plus beau crayon et partir dans l'imagination. L'écriture théâtrale aujourd'hui, c'est encore beaucoup cela. L'auteur maudit ou non écrit sa pièce et elle est publiée chez Actes/sud un mois et demi avant la première. Cela ne peut donner que des mauvaises choses. Ecrire du théâtre, c'est beaucoup plus complexe, lent et difficile que ça." Caubère travaille à partir d'improvisations, réduisant celles-ci d'un tiers pour en faire au final un spectacle écrit. Il se sépare des deux autres tiers avec regret. Pour lui, l'improvisation est à la base de l'écriture théâtrale. Elle n'est pas un simple outil. "Pour moi l'impro, c'est déjà de l'écriture. Ce sujet de désaccord perdure entre Taillade, Ariane Mnouchkine et moi-même. Pour eux, l'improvisation est un moyen. C'était un sujet de conflit. Cette mentalité c'est de dire, l'écriture se pratique avec un complet trois-pièces, une cravate et on écrit. On écrit bien, comme Genêt ou Brecht. Cette idée est absurde, hérétique. Heureusement, j'ai rencontré beaucoup d'écrivains qui m'ont encouragé dans cette voie. Rezvani m'a dit tu ne dois pas penser à l'écriture écrite, tu es un écrivain oral. Tu dois cultiver cela!" Référence : France-Culture du 16 au 21 octobre 2006... On écoutera l'émission suivante.
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13 octobre 2007 6 13 /10 /octobre /2007 00:00

Valère Novarina, haut-savoyard, auteur et metteur en scène de l'acte inconnu égrène les noms de villages de la région du lac Léman: Ici.

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10 octobre 2007 3 10 /10 /octobre /2007 00:00
Vyâsa, sage ermite, sort un jour de l'épaisse forêt qui l'abritait et lance à la cantonnade : "Je vais vous conter le plus grand poème du monde". À peine a-t-il prononcé ces mots, que Vyâsa se demande bien pourquoi il vient de proférer une chose pareille. Mais trop tard, il est pris très au sérieux. Et comme il le dira plus tard par la bouche d'un de ses personnages: "A partir du moment où on dit une chose, cette chose est vraie et il n'est pas possible de se rétracter". Vyâsa, l'hirsute, n'a aucune espèce d'idée de ce qu'il va raconter mais il n'en laisse rien paraitre. Il gagne du temps en prétextant son incapacité d'écrire. Qu'à cela ne tienne, on lui délègue Ganesh l'homme à tête d'éléphant qui fera office de scribe. Le voilà bien embarrassé, le monde est désormais suspendu à ses lèvres. Mieux, l'équilibre du monde est fonction désormais de la cohérence de son histoire (le dharma). Vyâsa n'a pas de personnages, ni la moindre trame à proposer. Il décide d'enfanter lui-même ses héros. Aussitôt on lui délègue deux femmes merveilleusement belles pour le satisfaire. La première, effrayée par son aspect repoussant, ferme les yeux. Qu'a cela ne tienne, lui vient une idée. "Les héros, les Kaurava-s, qui naîtront de cet accouplement seront aveugles." La deuxième femme, prévenue des caprices de l'auteur prendra bien soin de conserver les yeux grands ouverts. Hélas, elle ne peut dissimuler son dégoût. Qu'à cela ne tienne, ses enfants, les Pandava-s, seront pâles, comme si un voile recouvrait leur visage. Les héros sont désormais disposés, on peut allumer les feux. La plus grande histoire du monde peut commencer... Elle deviendra le livre sacré de l'Inde. Références : Jean-Claude Carrière
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11 avril 2007 3 11 /04 /avril /2007 22:32

Chicago aura été dans la seconde moitié du XXème un carrefour de la science et de nombreux arts. Comme les premiers spectacles d'impro américains, le Slam est né à Chicago (voir interview "You really see real democraty- Marc Smith"). En allant voir un spectacle de Slam, j'ai été surpris de la forte influence de la scansion du rap dans le slam français. On trouvera quelques extraits ici (Slam vie), là (à la bourre) et encore là (L'heure n'y est pas). Au bout d'un moment, je me lasse de ce style trop envahissant. Malgré la qualité des poémes! Ainsi la plupart des Slameurs français se ressemblent sauf là (meringue de toi) et à peine ici (les barbies). Heureusement, les Slameurs étrangers semblent avoir des styles plus variés. On appréciera la performance de Marc Smith, fondateur du Slam. Pour terminer, on ira voir une dernière vidéo: un slam improvisé. Remarquez, les gestes de la main du slameur NicoK qui l'aident à trouver la rime. On pourra retrouver quelques-uns de ces slameurs sur cet album.

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7 décembre 2006 4 07 /12 /décembre /2006 15:47

J'utilise le charabia dans mes ateliers. C'est un outil très puissant et drôle. Il permet de se lâcher, d'utiliser le regard, le geste et l'intonation plutôt que les signes verbaux. Il est un peu à l'impro ce que le masque est au théâtre: un outil incontournable. Voici une émission inédite de France-Culture entièrement consacrée au charabia. Voici la présentation de cette émission d'une heure sur France-Culture. On pourra l'écouter à cette adresse.

Charabia, Galimatias et Turlupinades

"Impossible n’est pas français, le charabia non plus, selon la définition de la Langue française. Alors, que pouvons nous attendre d’une anthologie d’auteurs français écrivant en charabias, en galimatias ou en turlupinades ? Que peut-on, à travers plus de cinq cents ans d’histoire de la littérature, relever de commun entre ces inspirations, entre ces processus créatifs ? Que saisir de ces textes qui ne sont pas du français, sans pour autant, être une langue étrangère ? Pourquoi, bien que ce ne soit pas du français, y a-t-il quelque chose de commun entre la poésie sonore expérimentale et les fatras picards du Moyen Age, entre la poésie concrète des années 70 et l’harmonie imitative du Chevalier Pierre-Antoine de Piis ? Au-delà d’une crise, d’un retard de la langue écrite par rapport à la langue orale, c’est la nature paradoxale de la transcription du discours, de la chose entendue, de l’oreille, c’est-à-dire de la langue vivante ou plus spécifiquement de la dimension performative du conférencier, qui tente de faire entendre le charabia. Ce projet radiophonique s’inspire librement de la conférence éponyme que Noël Arnaud a donnée après guerre, en pleine tourmente situationniste, dès octobre 1958, de son intérêt pour ce qu’il appellera plus tard ‘les champs d’épandage’ de la littérature. Entrent ici gestes néo-dadas, poésies surréalistes, enregistrements situationnistes et travaux oulipiens, se croisent ici avant gardes du XXe et soudards du XVIe... Antoine Poncet.

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  • : Christophe Tournier, auteur du manuel d'improvisation théâtrale, vous fait partager ses explorations dans le monde merveilleux de l'improvisation théâtrale.
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