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16 octobre 2012 2 16 /10 /octobre /2012 20:23

Ce premier article aborde le caucus en impro, il sera suivi d'un second sur les fins d'improvisation. L'élaboration d'un caucus ou d'une chute d'impro fait appel à la réflexion intellectuelle, plutôt qu'à l'inspiration spontanée proche de l'action et du jeu théâtral. Ces deux phases nécessitent imagination, esprit de synthèse et capacité d'abstraction. Il faut néanmoins prendre ces phases avec précaution, car la réflexion intellectuelle est une porte d'entrée à la rumination de la pensée et à la peur de jouer pour l'improvisateur.

Ainsi, lors de l'atelier d'improvisation, l'élaboration systématique d'un caucus  est de nature à nuire à la qualité de l'atelier et à faire perdre bu temps par rapport au temps dévolu à la pratique du jeu.

Le Caucus

Le "caucus" en impro est un processus de "brain storming" ou remue méninges visant à extraire du groupe, assisté éventuellement par un coach, un canevas, une idée de départ d'improvisation apte le plus souvent à couvrir le thème proposé. Lorsqu'un thème est énoncé, il invoque en quelque sorte un contrat entre les improvisateurs et le public. Dès l'annonce du thème, les joueurs vont chercher la meilleure idée possible de façon à aborder l'impro dans les meilleures conditions. Le meilleur caucus peut se mesurer au décalage par rapport au thème initial, à son abstraction et à l'effet de surprise produits sur le public. Un bon caucus se concentre sur le jeu des acteurs et sur les personnages.

Lorsque le thème est annoncé, on peut lui associer un Coaching sous-jacent qui correspond au degré zéro de l'imagination et de l'abstraction. C'est l'idée qui vient immédiatement à l'esprit, de façon la plus évidente pour la majorité du public. Il est à peine nécessaire de l'énoncer car elle est au plus simple une reformulation du thème.

Exemples :

Thème Coaching sous-jacent
Rage de vivre Un personnage lutte contre la mort
La collection de timbre Le personnage fait une collection de timbre
Un enjeu important Le personnage a quelque chose de capital à faire
A mobilité réduite Le personnage est dans une chaise roulante

 

Tout décalage avec le coaching sous-jacent provoque un effet de surprise pour l'audience. On peut le voir comme une cerise sur le gateau, un cadeau de la providence de l'impro. Le caucus peut par rapport au thème proposé se tenir à l'opposé - Un voyage en mer rouge pourrait démarrer sur la banquise - Dans ce cas, il provoque un effet de mystère à la mesure de l'éloignement entre la situation initiale de l'impro et le coaching (cible) sous jacent. Le public se demande comment les joueurs vont faire pour couvrir le thème. Dans le cas d'un effort d'imagination et d'abstraction et d'un véritable décalage réalisé par rapport au coaching sous-jacent, l'improvisation démarre sur les chapeaux de roues, sans préjuger de la suite. L'effet de surprise provoqué par ce décalage est particulièrement saisissant. - C'est par exemple une cordée d'alpinistes qui démarre dans l'escalier plutôt que sur les pentes de l''Everest -

Dans le cas, où les improvisateurs démarrent sur la base du plus petit commun dénominateur qu'est le coaching sous-jacent, il leur faudra mettre du relief à leur jeu sur la base de personnages et ajouter de la surprise et du décalage en cours de jeu : ce qui est la base du jeu improvisé. Le choix du coaching sous-jacent comme caucus de départ nécessite un moindre effort de la part des improvisateurs et il leur évite de plonger dans leurs pensées. Ils peuvent par exemple déléguer la tâche d'un bon caucus à leur coach ou à la providence de leur inspiration, sans faire directement appel à celle-ci. On peut compter que s'ils ne font pas d'effort, ils auront au moins autant de bonnes idées en jouant qu'en se plongeant avec crispation dans leur réflexion. Ils feront confiance à la fée de l'impro pour trouver la solution avec leurs partenaires, plutôt qu'à une idée qui fait déjà partie du passé et qui leur a demandé d'inutiles efforts de réflexion avant de monter en scène.

Allégeons la tâche du joueur sur le banc, déléguons toutes les activités nécessitant réflexion au coach. Cela évite d'ouvrir une porte au doute et à la réflexion intellectuelle qui n'a pas cours dans l'expression de la spontanéité. Dans l'idéal, le joueur a suffisamment à faire pour donner toute l'ampleur possible à son jeu de comédien. Qu'il se concentre sur le coaching le plus évident : le coaching sous jacent. La toute première idée qui lui viendrait à l'esprit!

 

 

 

Exercices

1. En Vrac
(Manuel d'impro) 


 

 


2. Coaching sous jacent

Déterminer le coaching sous jacent
Déterminer un coaching opposé

Essayer de déterminer un coaching décalé
3. La sauterelle qui avait une jambe de bois
(300 exos)
 C'est l'histoire de .... qui ...

 

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17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 11:42
Après le succés du stage 2011, je vous propose un nouveau stage d'impro à Oïa, site se prêtant à de nouvelles explorations..
"On se baigne, on marche avec bonheur parmi les pieds de vigne ou sur la plage, sous la pesanteur du soleil. Au coucher, c'est le moment magique de la "Caldera"; on regarde, hypnotisé, passer le volcan et son grand trou noir de mer qui défie l'horizon. Des paquebots scintillants comme des limousines fulminent dans le lointain. Sur les terrasses en escalier, toujours accueillantes, des restaurants, on boit un vin fruité et léger qui donne le rose, mais seulement aux joues, et qui ne pèse pas sur les épaules. On déguste des yaourts immaculés où gîte un brillant filet de miel et des calamars ruisselants d'innocence"
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Dans cette ambiance qui se prête à la langueur et à la contemplation, nous serons deux animateurs (Bernard Dufour, clown improvisateur au Théâtre Tout Terrain, et moi-même) pour travailler l'improvisation avec une ardeur sans compter...  
Programme : 9h-13h stage 14h-16h stage Boeuf impro sous les étoiles 21h-23h.
Stage : du lundi matin au samedi soir
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Renseignements et Inscription sur www.Issimonia.com  sdamotte@gmail.com.
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26 mars 2011 6 26 /03 /mars /2011 00:00
Cinq émissions de Raphaël Enthoven en février 2011 sur France-Culture avec le responsable de la revue Tracés dont le numéro consacré à l'impro est sorti en 2010. Les deux premières ( un et deux) présentent une vision générale de celle-ci. L'impro est liée au hasard et elle intègre les éléments de l'environnement extérieur. On y retrouvera la nécessité de la préparation. On y réfléchira à la différence entre interprétation et création, cette dernière nécessitant improvisation et composition. Dans la troisième émission, on découvre que le scat de Louis Amstrong est l'équivalent du grommelot au théâtre. On y apprend également que la musique "souffrirait" du même syndrome que le théâtre. A savoir, la prédominence du texte et de la composition sur l'impro... La dernière et cinquième est consacrée au cinéma et aux impros dans le cinéma.
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23 janvier 2011 7 23 /01 /janvier /2011 00:00
Soulignons l'engagement "militant", continu et sans faille de Papy-Alain Degois- pour l'improvisation théâtrale depuis des années. Il est sur le divan de Michel Drucker dans Vivement Dimanche le 16/01/11 pour exposer sa vision de la fondation Culture & Diversité, utilisant le match comme outil de création et d'éducation. Hélas, je n'ai pas trouvé la vidéo. On se consolera avec ce reportage de France-Info.
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27 avril 2010 2 27 /04 /avril /2010 00:00
La danse improvisée qui accompagne l'improvisation verbale produit des résultats surprenants pour des gens de théâtre et acteurs habitués comme nous à se tenir pied à pied et bien campés dans nos personnages. On y découvre une esthétique nouvelle où les évolutions corporelles apportent une nouvelle dimension au texte. Voici un exemple de performance improvisée ici inspirée par les techniques de Simone Forti.
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5 juillet 2009 7 05 /07 /juillet /2009 00:00
Les blogs d'acteurs sont rares. J'ai trouvé dans celui d'Yves-Noel Genod quelques remarques intéressantes sur l'improvisation. Celui-ci reprend d'ailleurs à son compte cette phrase de Jean Vilar : "Il n'y a pas d'amateur, il n'y a pas de professionnel, il y a celui qui sait distraire de ses soucis ou de ses peines un public." Il énonce son point de vue d'acteur qui flirte parfois avec l'improvisation dansée ou théâtrale: "Improviser, je ne serais pas contre si vous y arriviez. Or vous n'y arrivez que par intermittence. Tout le monde peut faire quelque chose de merveilleux une fois ou deux, il n'y a pas besoin d'acteurs pour ça (tant de films fabuleux se font sans acteurs), ce qui est difficile, et ce qui est la raison de l'existence de notre profession, c'est de refaire." Si l'improvisation n'est pas pour l'acteur Yves-Noël Genod une fin en soi, elle est un excellent moyen. "Quand vous serez à l'aise, bien sûr que vous sentirez l'improvisation ! Improviser, c'est être à l'aise. Mais commencez par être à l'aise. Tant qu'on verra des cerfs et des biches comme pris dans les phares d'une voiture la nuit, il n'y aura pas de spectacle." Joyeux été.
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20 avril 2009 1 20 /04 /avril /2009 00:00
La dextérité de l'acteur-improvisateur est souvent à son avantage. Comme le soulignait Jacques Lecoq en parlant de ses méthodes d'apprentissage : "Nous passons rapidement de l'un à l'autre, un peu comme ces grands acteurs de cinéma qui peuvent parler de choses banales en coulisses, puis entrer immédiatement dans leur personnage pour une prise et revenir ensuite à leur conversation." Néanmoins, il y a un risque : celui de la superficialité. En effet, à force de jeu court où à peine le personnage endossé, il faut en changer, l'improvisateur peut s'user, se répéter... L'acteur de théâtre formel passe des heures à s'imprégner de son personnage, de son physique, des circonstances de sa vie possible, sous le regard du metteur en scène. A l'inverse, le personnage improvisé est comme une hirondelle qui s'est posé sur l'épaule; à peine le temps de se retourner, elle s'est envolée. Une émotion à peine ressentie et partagée, l'improvisateur doit en changer. Le jeu rapide dilue l'émotion. La fréquence des improvisations courtes, la vitesse de jeu poussée par le goût de la réplique plutôt que par celui de la vérité du personnage peuvent aider à la création d'un personnage superficiel chez l'improvisateur. Il lui faut donc être vigilant, prendre ses personnages au sérieux. Leur donner dans la porte entrebaillée d'une impro de quelques minutes plusieurs dimensions : une voix, un corps, un but... Une solution encore: s'offrir des improvisations plus longues pour apprendre à vivre avec un personnage moins volatile...
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30 mars 2009 1 30 /03 /mars /2009 00:00
Après une longue période "johnstonienne", où je me suis très inspiré des exercices de Keith Johnstone dans mes ateliers, je m'intéresse beaucoup à Spolin. Ses exercices m'ont paru au début difficiles à partager et à mettre en place. Je crois l'avoir mieux compris aujourd'hui et j'ai pu élargir ma palette d'exercices. Par exemple, l'expression corporelle que nous délaissons parfois est fondamentale chez elle. Elle rejetait toute approche compétitive pour une raison intéressante: la compétitition peut remettre en selle le jugement critique et nuire à la progression de l'acteur. Cette découverte de Spolin me permet de mettre plus en lumière la méthode originale de Keith Johnstone. Celle-ci consiste à explorer de façon jubilatoire, la pure mécanique de la spontanéité, le bonheur de jouer et d'improviser comme si une force extérieure à l'acteur le conduisait! Celle de Spolin est dans la lignée de l'histoire du théâtre européen: retrouver la spontanéité et l'appréhender comme un moteur essentiel de l'acteur du théâtre formel. Malgré le texte et la mise en scène préconçus. J'ai éprouvé avec intérêt la conception de l'espace de Spolin. L'acteur s'appuie sur ce qu'elle appelle la substance de l'espace. A la manière d'un poisson dans l'eau qui profite de sa densité et de ses courants pour soutenir ses mouvements. Dans l'immensité de la scène, l'espace vide n'est ainsi pas hostile à l'acteur, il peut y puiser un nouveau soutien en lui donnant vie. L'acteur se coule dans l'espace à la manière d'un danseur.
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5 février 2009 4 05 /02 /février /2009 00:00
Nous avons collaboré (François Briard et moi-même) le premier mois (voir les exercices jusqu'au 30.09) avec Seth Weitberg, formateur délégué par Charna Halpern. Dans cette phase, Seth avait la responsabilité de mener l'équipe à délivrer un spectacle en public. Nous avons donné le premier mois de formation en tentant de faire passer au mieux les consignes que Seth égrenait depuis Chicago. L'équipe, constituée de nombreux débutants, s'est montrée courageuse face au public. Elle a continué dans cette verve jusqu'au spectacle final composé d'improvisations courtes qui s'apparentait à un catch impro (2 équipes de 3). Les catégories proposées étaient : traduction du Charabia, alphabétique, improvisations libres après un monologue, "Freeze Tag" ou zapping, "New choice", "Conducted story" à quatre joueurs, Auditive avec deux joueurs, "Cocktail Party". Après 4 mois, l'équipe joue avec audace, sans caucus préalable, sans angoisse ni peur du jugement. Cela correspond aux objectifs que nous nous étions fixés avec Seth.
L'équipe du CERN en répétition avant le spectacle
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13 décembre 2008 6 13 /12 /décembre /2008 00:00
C'est une question que m'a posée Lionel de Pau, comment travailler son accent? La réponse me semble simple: il suffit de les travailler. Grâce aux baladeurs MP3, c'est d'autant plus facile. Il suffit d'enregistrer les têtes à claques pour l'accent québécois et de repérer pour soi-même, les points d'ancrage qui nous permettent de produire notre propre adaptation de l'accent. Ces points d'ancrage seront les déclencheurs qui nous permettront de retrouver les rythmes et le son correspondant à notre accent. "De Bleu, de bleu…" pour l'accent suisse par exemple. "Pwésentement...", pour l'accent afwicain.
L'accent est un travail corporel axé sur le personnage. Je suggérerais de les travailler aussi en charabia ou dans un français sans signification, afin de se familiariser avec les sonorités. On peut essayer de passer brutalement d'un accent à l'autre, histoire de voir si nos personnages peuvent rapidement s'adapter aux appels fréquents en improvisation. En solo, la méthode des cent pas me paraît appropriée. Faire une trentaine de mètres avec un accent, se retourner et une trentaine de mètres dans un autre sens avec un autre accent. Le travail collectif également en groupe est efficace. On se met en cercle et tour à tour on décline une impro avec un accent choisi.On s'imprègne des qualités de l'accent de ses partenaires. Á répéter.
Pour sortir des sentiers battus, ne pas oublier d'inventer ses propres accents qui seront autant de personnages décalés et étranges à découvrir pour l'acteur et par le public. L'exercice de la Voix insolite qui consiste à s'exprimer dans une voix des plus décalés est un bon exemple.
Si les enregistrements multiples ne suffisent pas, on peut commander sur Amazon "Accents, a manual for actors". Ce livre comporte des rubriques du style "How to do an english accent?...". On peut même trouver des CD Audio afin d'aider les acteurs à améliorer leur accents, hélas en anglais.
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  • : Christophe Tournier, auteur du manuel d'improvisation théâtrale, vous fait partager ses explorations dans le monde merveilleux de l'improvisation théâtrale.
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