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27 mai 2015 3 27 /05 /mai /2015 16:50

Si le match d'impro est une fantastique école d'improvisation, la puissance de son concept génère quelques défauts spécifiques qui freinent le développement du joueur.
La bonne nouvelle est qu'avec l'expérience et notamment avec celle d'autres concepts d'impro, ces "défauts" (pouvant être pris pour des qualités parfois) disparaissent.

Voici la liste selon moi (non exhaustive) de ces petits travers passagers engendrés par la pratique spécifique du concept du match d'impro.

• Se préocuppe des manies de l'arbitre et du Maître de Cérémonie.
• S'énerve pour des broutilles.
• Rentre à tout bout de champ.
• Se rassure si l'arbitre est rigoureux et se déstabilise s'il n'affiche pas une rigueur maniaque.
• Demande à l'arbitre de répéter ses consignes de jeu.
• Se stresse bien avant le match.
• Se stresse à la mi-temps du match.
• Impute la mauvaise qualité supposée du jeu aux rudesses, aux manques d'écoute et aux refus de l'équipe adverse.

• Prend tout refus de le suivre pour une incapacité de l'équipe adverse.

• Se considère comme nul et stresse s'il ne rentre pas sur scène.
• Se préoccupe des catégories de jeu bien avant le match.
• Ne respecte pas les silences.
• A tendance à bavarder au centre de la scène.
• Se précipite pour faire un caucus, car il se sent démuni sans idée de départ.
• Considère que le public vote en sa défaveur et s'en décourage.
• Donne des consignes aux joueurs en train de jouer sur scène.
• Démarre sur les chapeaux de roues.
• Cabotine.
• Se laisse influencer par les rires du public en négligeant ses silences attentifs.
• N'hésite pas à couper une impro, pour l'emmener ailleurs.

• Tient le crachoir pour gagner l'attention du public au détriment du jeu collectif.

• Ne sait pas s'échauffer seul, ni se préparer seul.

Tahit impro

Tahit impro

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27 avril 2015 1 27 /04 /avril /2015 22:00

Imaginer une improvisation avec deux joueurs les bras ballants empêtrés dans les banalités. Il existe une manière de s'en sortir. C'est de faire appel à ce que j'appelle une dubillardise. En quoi cela consiste-t-il ?

Roland Dubillard est un des grands auteurs du théâtre loufoque et décalé de ces dernières décennies. Il a écrit de nombreux sketchs comme les Diablogues où 2 personnages échangent sur des sujets d'apparence ordinaire. Décédé en 2011, il était un bon acteur. Il a même déstabilisé André Dussolier à force d'improviser ses répliques plutôt que de respecter le texte à la lettre.

Une dubillardise consiste à énoncer avec conviction une phrase simple. Cette annonce est la pierre angulaire de l'impro et toute la suite va en dépendre. Le dialogue explore ensuite toute la "logique" de l'annonce.

L'enregistrement suivant est un excellent exemple du style de Dubillard.

Le premier extrait proposé est une excellent pièce rimée "Si Camille me voyait". Dubillard se permet une grande liberté dans l'application de la rime. (voir par exemple autour des 21:30 mn de l'enregistrement). Exemple : "Vous n'avez donc pas vu mes seins, spadassin!"

 

Les sketchs plus courts qui suivent donnent d'excellents exemples de dubillardises.

1. "Vous avez de très belles lunettes noires sur le nez!"

A partir de cette première annonce, une dubillardise sans décalage apparent, le sketch explore les échanges entre un homme et une femme travaillant dans le noir et dans un magasin d'optique. Il se termine par une nouvelle dubillardise avant que les personnages disparaissent dans le noir en affirmant "je suis un hibou !"

2. "Je suis une pendule!" (6mn15)

Cette annonce débouche sur la psychanalyse d'une pendule réalisée par un psychanalyste dont on découvre qu'il est lui aussi une pendule.

3. "Vous avez l'air triste!" (18mn50)

Cette affirmation, on ne peut plus simple, cache une dubilllardise qui débouche sur la compassion envers la mort d'un petit moineau et d'autres digressions...

Les autres sketchs comportent d'autres petites perles ou dubillardises dans 3 monologues comme "Je passais à travers elle." (29mn40) "Si j'avais pu prévoir une chose si prévisible!". "Je crois que je vais réciter une fable." (40mn)

Les dubillardises
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19 avril 2015 7 19 /04 /avril /2015 23:02

L’entraînement solo en Impro n’est pas une manière de se regarder dans la glace. Il est au contraire particulièrement exigeant. Pourquoi? Parce s’il y a quelqu’un qui ne montrera aucune indulgence, c’est vous-même. Il existe un critère essentiel et rédhibitoire à tout entraînement solo, c’est l’ennui. Votre censeur se lasse très vite et si c’est le cas, il trouve toutes les excuses pour ne pas recommencer. Dites-vous bien que si vous arrivez à amuser votre censeur quelques minutes, faire de même face à un public paraîtra plus facile. L’entraînement solitaire doit être court et régulier. 5 minutes par jour (soit 1 ou 2 exercices max ) peuvent déjà apporter des résultats tangibles.

 

Voici quelques exercices solitaires...

NARRATION
1. 3 mots
Choisissez 3 mots et intégrez dans une courte histoire racontée à haute voix

2. Narration avec une syllabe par pas.
Un peu plus difficile, car il faut trouver le rythme.

PERSONNAGE

3. Faire une vingtaine de pas avec un monologue de personnage
Se retourner à bout de 20 pas et changer de personnage du tout au tout

4. (133) Du coq à l’âne (Même chose mais assis sur une chaise, en minimisant les temps de transitions entre deux personnages.

5. Manipuler des objets dans un lieu donné.
Exemple : Ranger la cuisine.

CORPOREL

6. Se déplacer le plus lentement possible en utilisant le maximum de parties du corps

7. (107) Enchaîner des figures avec son et mouvement.
Il faut être parfaitement investi et présent pour éviter l’ennui

8 Même exercice entrecoupé de pauses

9 Même exercice, mais se concentrant sur son regard qui accompagne les mouvements.

10 Ne se déplacer et parler que sur l'expiration. Être immobile lorsque l’on inspire.

INSPIRATION et CORPOREL

11. Les mots parachutes
Proférer un mot pendant l’expiration. Ne pas proférer le premier qui vient à l’esprit, annoncer le troisième.
Attendre que les mots apparaissent doucement sans forcer l’inspiration comme s’ils atterrissaient doucement avec un parachute.

Libre à vous d'adapter d'autres exercices, l'essentiel étant de ne pas réveiller votre censeur et de vous amuser.

S'entraîner en solitaire
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5 septembre 2014 5 05 /09 /septembre /2014 19:57

S'il m'est fréquent de parcourir la France et la Suisse pour faire des stages auprès des ligues d'impro, l'expérience en Grèce m'a donné envie de faire des stages ouverts à tous où vacances et impro se conjuguent avec un environnement dépaysant. Pour cela, la petite ville de Menton dans le sud de la France m'a paru intéressante et facile d'accès (aéroport de Nice, autoroute et trains). Je vous propose donc un stage d'impro les 18,19 et 20 octobre 2014.

Le stage aura pour thème "Du corps au texte". En partant d'improvisations corporelles, nous irons peu à peu vers les techniques d'improvisation verbale et la narration.

"Les techniques d'expression corporelle seront privilégiées. Nous partirons du mouvement abstrait pour tendre vers une narration libre. Le rythme, le regard de l'acteur, le mouvement abstrait et les effets de groupe seront explorés. Ces techniques permettent de se libérer plus aisément du censeur qui réside en nous et d'étendre les registres de l'improvisateur."

Le prix du stage est de 195 € par personne pour les trois jours. Le logement, les repas et les transports ne sont pas compris. Ce stage s'adresse à une quinzaine de participants ayant déjà une expérience du théâtre ou de l'impro.

Le stage aura lieu côté mer, dans la charmante salle de spectacles "Victoria" de l'hôtel  Westminster-Balmoral

Les horaires (sous réserve) seraient
le samedi   10h00-13h00, 14h30-17h30,
le dimanche 9h30-13h00   14h30-17h00 (éventuellement workshop public le dimanche soir),
le lundi    9h30-13h00 14h30-17h00

Pour toute inscription ou information complémentaire : cote.mer(at)improse.net.

 Vue de la basilique

Vue de la basilique

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29 avril 2014 2 29 /04 /avril /2014 21:11

J'ai commencé dans les années 95 à enseigner l'impro en me spécialisant dans les catégories des matchs. J'ai fait des choses assez générales, proches des techniques du match jusqu'en 2003, où je testais les exercices de mon manuel. Mon credo est devenu peu à peu (pour se libérer des craintes). "On s'en fout. Pas de coaching. Fonce».

Après 2005. j'ai essayé des techniques d'improvisation en solitaire. Cela a abouti à ce que j'appellerais les techniques d'improvisation verbale, une espèce de slam improvisé. Être capable de monologuer avec poésie et intelligence en s'appuyant sur la "balance" des mots. En 2010 et 2011, je me suis focalisé sur la vivacité, la capacité à improviser en toutes circonstances: un retour aux sources et une façon de se libérer des peurs et des reproches. (L'image du Chevalier Bayard a baigné mon enfance dans le Dauphiné). Le Catch Impro Maison est ainsi devenu la pierre d’achoppement de mon enseignement. Le formateur que je suis est constamment admiratif de la capacité des joueurs à ne jamais être en manque d'inspiration. En 2011, pour explorer les exercices de mon livre et face à des acteurs plutôt qu'à des improvisateurs, j'ai fait un détour par des techniques de répétition de pièces de théâtre basées sur l'impro. J'ai commencé à aborder de front les techniques corporelles sans plus pouvoir m'en passer aujourd'hui. En 2013, j'ai exploré les longues impros à partir d'une structure générique. J'ai été impressionné par la capacité des joueurs à rapidement réaliser des impros longues et magnifiques (Voir mes recherches sur Hamlet). J'ai continué mes explorations corporelles.

Aujourd'hui à partir de 2013-2014, mon axe principal est ce que j'appelle "Du corps au texte (et inversement)", une démarche corporelle exclusive et sans paroles alliées à une autre démarche extrême, les techniques pures d'improvisation verbale que j'explore depuis longtemps. J'essaie aujourd'hui en 2014, d'explorer le point de convergence entre ces deux extrémités. Tout en continuant à chercher à rendre l'impro facile pour les joueurs, à les inciter à choisir la ligne de plus grande facilité.

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3 novembre 2013 7 03 /11 /novembre /2013 10:49

Examinons quelques moyens de s'inspirer de la pièce extraordinaire qu'est Hamlet afin de découvrir des moyens de s'exercer et de progresser. Cette pièce variée et très physique est une source d'exploration constante pour les acteurs professionnels. Il n'y a pas de raison qu'elle ne le soit pas pour les improvisateurs. 

Notons que Shakespeare inspire fréquemment les improvisateurs outre atlantique. ( Voir ici,, là aussi et encore là avec Sarah Hickler)

 

1. S'inspirer de Hamlet afin d'explorer les dimensions corporelles

La pièce est pleine de mystères et suivant l'interprétation que l'on a des personnages (mélancolie, suicide...) on peut s'emparer d'une scène et la jouer de multiples façons.

  • Utiliser la scène comme prétexte à un démarrage d'impro. Lire puis continuer à jouer sans texte en utilisant la dimension corporelle et en minimisant le verbal. Les mots de Shakespeare sont un excellent catalyseur.
  • Une Ophélie apeurée ou très obéissante, un Hamlet suicidaire ou parfaitement lucide, un Polonius bon père de famille ou un Polonius machiavélique n'auront pas les mêmes attitudes. On peut jouer les scènes en variant les attitudes des personnages. C'est l'approche préconisée dans le livre : Improvising Shakespeare
     

2. Improviser des scènes de Hamlet

 Il y a de nombreuses scènes à deux personnages susceptibles d'exploration. Ce n'est pas parce que l'on n'improvise pas le texte que l'on improvise pas. L'improvisation n'est pas seulement possible par l'énoncé d'un texte mais aussi par l'expression corporelle. Le texte de Shakespeare résonne de lui-même.

Les monologues sont l'occasion d'improvisation solo ( ici Russel Banks) avec un texte partiel qu'on abandonnera éventuellement au bout d'un moment. Les lectures à haute voix pourront être répétées plusieurs fois. Le texte riche et poétique se prête parfaitement à ce type d'exploration. S'il est des parties de textes à apprendre par coeur, (ou presque) pour un improvisateur, les extraits de Hamlet résonnent avec force. On peut jouer les monologues de Hamlet en utilisant quelques procédés particuliers. (Voir p193 de 300 exos)

 

3. Improviser Hamlet  en s'inspirant de son canevas

Reprendre le canevas et les personnages de Shakespeare, se montrer ambitieux et le rejouer sous la forme d'une longue impro. On peut faire un résumé de chaque scène qu'on affiche dans les coulisses et jouer avec ses propres mots. On improvise en respectant la trame de base.​

Nous verrons dans le dernier article comment à la manière de beaucoup de créateurs de pièces de thèâtre, on peut s'inspirer d'Hamlet, non pas pour écrire une pièce, mais plutôt dans notre cas, pour improviser une pièce non écrite.

Improviser Hamlet  en reprenant son canevas
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1 juin 2013 6 01 /06 /juin /2013 12:05

Nous avons vu dans l'article précédent (1) une structure générique de base.

Commencement, évènement, Premier essai, Second essai, Résolution, épilogue.

 

Prenons l'exemple du scénario de film proposé par Yves Lavandier dans Construire un récit : Couple témoin.

IL ETAIT UNE FOIS

CHAQUE JOUR

Commencement

 

Xavier est un manager exemplaire et réputé dans une agence matrimoniale

MAIS UN JOUR

Evènement
 

Xavier apprend que sa femme Gaëlle le trompe
(J1)

A CAUSE DE CELA

 

 

 

A CAUSE DE CELA

C'EST ALORS QUE (La question est)

Premier Essai

Gaëlle propose de continuer à donner l'illusion d'un couple exemplaire. Xavier accepte.

Xavier tente de briser la liaison formée pas sa femme et Jean-François

 

Gaelle quitte Xavier

 

Xavier retrouvera t'il l'amour?
(J2)

A CAUSE DE CELA

 

 

 

A CAUSE DE CELA

Deuxième Essai

Xavier rencontre Claire la femme de Jean-François et tente de l'aider à retrouver son mari

Claire tombe amoureuse de Xavier mais cet amour ne semble pas partagé

Claire rompt brutalement avec Jean-François
(J3)

JUSQU'A CE QUE

Résolution
Climax

Xavier déclare en public qu'il aime Claire

(J4)

ET DEPUIS

Epilogue

Il monte une nouvelle agence de conseil conjugual et propose ses services au couple Claire Jean-François

Pour rendre cette structure plus praticable dans le cadre d'une pièce improvisée, nous allons ajouter des éléments structurels au cours du second acte se déroulant en gros du Premier essai au Second essai. S'il existe de nombreuses structures de construction de récit dont le CEPPRE offre un bonne vision de départ, cette structure étendue allie simplicité et efficacité, elle personnifie les différents protagonistes. et produit plus de volume de jeu.

Cette structure met en jeu 3 personnages essentiels ; Pe1, Pe2 et Pe3. Notons que le premier acte se termine peu après l'évènement provoqué par le personnage Pe2 qui brise la routine du début de l'histoire. Le quotidien des personnages Pe1 et Pe2 est profondément transformé par ce premier évènèment, ou incident déclencheur. Pe1 ou Pe2 peuvent être le Héros ou le protagoniste, le Méchant ou l'antagoniste et iréciproquement.

Supposons que cet incident agisse sur le personnage Pe1. Celui-ci va avoir une réaction qui va directement affecter en retour le personnage Pe2. C'est ce qu'on peut appeler la première répercussion : conséquence de l'incident déclencheur. La première répercussion qui correspond au jalon J2 met en lumière la question essentielle de l'histoire impliquant les deux personnages Pe1 et Pe2. Le héros de la pièce, qu'il soit positif ou négatif se trouve entre Pe1 et Pe2. Cette question doit émerger dès la fin du premier essai (sans qu'il soit même nécessaire de la formuler) et elle est partagée par le public et les acteurs.

Il est indispensable que Pe1 et Pe2 ne soient pas des abstractions, mais des personnages en chair et en os avec lesquels l'identification du public est plus facile. Les personnages avec leurs forces et leurs faiblesses sont comptables de leurs actes. Pour sortir de la confrontation binaire, qui risque de ne jamais aboutir, la résolution de l'histoire devra s'effectuer avec un troisième personnage auxiliaire : Pe3. La résolution devra impliquer les personnages Pe1, Pe2 et Pe3. La structure prend ainsi un relief spécifique.

  • (J1) Incident Déclencheur ou Ev. (Pe1<->Pe2) : Xavier découvre que sa femme le trompe
  • (J2) Première Répercussion (P2e->Pe1) : Gaëlle quitte Xavier et le domicile conjugual

Question : Xavier retrouvera t'il l'amour? La réponse finale dans notre cas sera oui.

  • (J3) Climax : (Pe1 et Pe2 impliquent Pe3 afin de résoudre le conflit entre Pe1 et Pe2) Xavier déclare son amour à Claire et se libére de son attachement à Claire.

Une fois cette structure établie, les personnages autres que Pe1, Pe2 ou Pe3 s'en donnent à coeur joie pour pousser la réponse à la question vers le oui, ou vers le non dans chacune des scènes.

Les personnages Pe1 et Pe2 savent qu'ils doivent se découvrir à environ 25%-30% du temps du déroulement du spectacle pour le premier jalon important J1. Ils se retrouveront à 50% du spectacle pour la première répercussion, le jalon J2. Les personnages Pe1, Pe2 et Pe3 à 75-80% du déroulement pour le point culminant J3 ou climax.

Scènes appartenant à une longue impro

Si la structure complète colle à la structure du CéPPRé, une scène appartenant à une impro de longue haleine respecte plus ou moins la charpente simple du CéPRé. Les personnages démarrent dans une situation (ou plateforme initiale) pour finir avec un nouvel équilibre lors de la résolution de la scène. Chaque scène est l'occasion de voir évoluer des personnages secondaires qui tendent à pousser la réponse à la question émergente du scénario vers le oui ou le non.
.Ces scènes comportent néanmoins des différences essentielles avec des impros courtes telles que nous avons l'habitude de les pratiquer. Elles offrent moins de rebondissements et sont plutôt l'occasion d'un approfondissement des relations entre les personnages et de leur milieu. L'exercice 200 Univers en expansion est emblématique de ces scènes où les joueurs prennent le temps et pèsent leurs silences. L'exercice 202 Impro Domino est représentatif de l'enchaînement causal entre les scènes où chacune apporte de l'eau au moulin des précédentes. Le personnage principal est soumis à rude épreuve et plus il l'est plus le niveau de risque et la tension qui en résultent rendent l'histoire intéressante. S'il existait un coaching de base pour chacun des joueurs, ce pourrait être le suivant :  "J'ai un problème..."  Les scènes sont fondées sur le conflit comme sur l'alliance entre personnages afin de surmonter tel ou tel obstacle. Les personnages naviguent parfois entre conflit et acceptation avant de finir par s'entendre contre une troisième force, de se séparer sur la victoire de l'un ou de l'autre, ou sur un match nul. Dans tous les cas, ils entretiennent le suspense autour de la résolution de la question qui peut n'aboutir (J4) que dans les dernières minutes du spectacle. Voici quelques exercices phares pour approfondir.

Commencement

Evènement

Premier essai

Second essai

Climax
Résolution

Epilogue -

72** Le goût du détail

115 Trois répliques

57** Rupture

64** C'est la crise

67** Haute tension

68** La botte de Nevers

85** Vengeance

98 Oui-oui

99 C'est Génial (Parce que)

202 Impro domino

110 Comme Chien et Chat

200 Univers en expansion

Modèle
iINEé

 

 

L'établissement et l'exploration d'un lieu, le travail du personnage et des émotions sont des outils complémentaires indispensables au travail sur des impros de longue haleine.

L'impro longue est une expérience troublante et enthousiasmante pour les improvisateurs habitués aux formats courts. Avec un peu de pratique sérieuse, appliquée et presque scolaire pour assimiler la structure, les joueurs prennent confiance et les premiers résultats sont au rendez-vous.

Dans les articles prochains nous explorerons la pièce des pièces : Hamlet. Nous analyserons notamment de quelle manière elle colle au CéPPRé et ce qu'elle peut nous apprendre sur notre pratique de l'improvisation.

Références :

Impros de longue haleine (2/5) : L'application de la structure générique
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1 mars 2013 5 01 /03 /mars /2013 21:52

Une impro banale nous montre par exemple deux joueurs, bras ballants, en train de discuter en se déplaçant de manière erratique sur scène. Cette scène serait l'archétype d'une impro monodimensionnelle. Si les joueurs sont investis dans un personnage, l'improvisation a plus d'éclat et offre plus de promesses. Si les joueurs ont une activité, la dimension théâtrale ou corporelle met du relief au jeu.

Céline, grand écrivain, affirmait que le scénario n'était pas la fin de la littérature. Le style lui paraissait la marque de la vraie littérature contrairement à un synopsis bien ficelé qui lui paraissait anecdotique. En appliquant modestement cette analogie à l'impro, celle-ci pour être réussie peut ne pas être délivrée sur la base monolithique d'une belle histoire, mais sur d'autres dimensions qui vont ajouter du mystère à celle-ci. Autre façon de le dire : si on a une histoire qui peut paraître moins cohérente en comparaison d'un scénario de film ou d'une série télévisée, l'impro peut être réussie en se fondant sur d'autres dimensions. Voici quelques axes susceptibles d'apporter du relief à nos impros sans passer par les schémas classiques :

le rythme,

les sons et la musicalité,

le mouvement corporel (en plus du déploiement du personnage),

la trajectoire sur la scène,

l'occupation de l'espace,

les images de groupe...

 

En n'omettant pas ces axes dans notre travail, on ouvre des sources d'exploration pour l'improvisateur et de mystère pour le spectateur.

Un des exercices possible est "Ballet en trois mouvements". Les joueurs n'ont que la possibilité de marcher, de courir et de s'immobiliser. Cet exercice d'écoute totale, non basée sur l'oreille, mais sur d'autres types d'interactions développe la perception du jeu. Il ouvre aux multiples dimensions citées plus haut.

Voici une liste d'exercices situés dans 300 exos d'impro qui peuvent ouvrir ces perspectives.

Tous les exercices situés dans les chapitres
Le corps instrument

Le corps antenne

Le corps miroir

On peut les retrouver également dans les thèmes suivants :

Du corps au texte

La danse improvisée

Le rythme

Le maintien

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1 janvier 2013 2 01 /01 /janvier /2013 11:47

Le coaching est le cadre que se fixe le joueur lorsqu'il rentre sur scène, la contrainte qu'il s'applique. La plupart du temps, l'acteur est nourri par les indications du metteur en scène ou en match d'impro par celles du coach ou des autres joueurs. Néanmoins, cette façon de procéder, si elle est toujours appliquée, peut rendre l'acteur dépendant du coach. L'idéal est un acteur capable de se fixer son propre coaching, le cadre de son jeu personnel. La définition du coach ou mentor, notion plutôt à la mode actuellement, est un conseiller capable de faire franchir des paliers, un guide qui grâce à son recul et son regard extérieur peut donner des clés pour progresser. Au bout d'un moment le coach s'efface, laissant le partenaire agir de manière autonome, apte à trouver les bonnes réponses par lui-même.
Ainsi, sur scène ou en atelier, si le coach peut aider à aller plus loin et proposer des pistes nouvelles, la meilleure chose est que le joueur acquiert des outils pour être à même de découvrir, par exemple avant ou dans les premières secondes de jeu, son propre coaching. Cette auto-suggestion le rend totalement indépendant et apte à s'adapter à toutes circonstances, riche de la confiance ainsi obtenue.
   Cette autosuggestion n'a pas besoin d'être déclarée ni ostentatoire. Il vaut même mieux qu'elle soit discrète voire invisible. Le joueur se laisse, par exemple, mener secrètement par son épaule gauche. Elle est la méthode personnelle de l'improvisateur qui lui permet de donner du mystère à son jeu, de le faire sortir de la banalité et de la répétition.

Les meilleures suggestions sont celles qui engagent le corps plutôt que l'intellect. Si l'acteur se donne pour objectif : "je vais séduire cette fille", il se dit "Je suis un séducteur", il se pénètre de l'attitude qui consiste à être un séducteur, se comporte comme tel et s'engage corporellement. L'idée "je veux séduire cette fille" est déjà une autosuggestion intéressante, mais elle peut diriger l'acteur dans les méandres d'une stratégie verbale. De la même façon, le but , "je veux l'emmener en voyage " peux être mieux couvert par une injonction secrète de type , "j'ai la voiture qui m'attend dehors ! " plus susceptible de provoquer une attitude corporelle invoquant une urgence discrète.

Il existe dans "300 exercices d'improvisation théâtrale..." des exercices susceptibles d'aider l'acteur à inventer son propre coaching en entrant en scène.

18 Arrêt sur images
19 Arrêt sur une idée
28 Je suis Superman
35 Mené par le bout du nez
43 La voix insolite
55 Promenade Reflet
56 Suggérer un secret
74 Manipuler des objets à portée de main........
75 Explorer un lieu
78 Manipuler un objet personnel........
102 En t'écoutant, je ressens
107 Figures enchaînées
137 Le geste insolite
139 Le Centre moteur
141 S'inspirer d'un animal
144 Adopter une attitude
151 Grimace

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25 octobre 2012 4 25 /10 /octobre /2012 21:21

J'ai énoncé dans l'article précédent qu'il convient de prendre le processus du caucus avec prudence. En effet, la phase de caucus est une porte ouverte aux pensées, à la gamberge et donc aux jugements sur la qualité de sa prestation et sur celle des autres. Afin d'éviter de "se prendre la tête", le joueur peut se focaliser sur le coaching le plus simple possible, le coaching sous-jacent, plutôt que sur des scénarios brillants de nature à le plonger dans une réflexion trop élaborée.
La fin d'une impro répond malheureusement à des exigences (moindres mais) similaires au caucus. Elle nécessite anticipation, recul et réflexion, ce qui est contraire aux principes de l'improvisation qui réclame lâcher prise, écoute et fluidité.
Dans cet esprit, la première façon d'aborder une fin d'impro, c'est de ne pas s'en préocupper. Ainsi les joueurs continuent à se laisser porter par le jeu sans se focaliser sur une chute éventuelle. Ils laissent ainsi apparaître avec un peu de chance et d'écoute, sans précipitation, une fin possible. Ceci évite les écueils relatifs au travail d'élaboration et cela justifie que parfois la fin d'une impro soit laissée à la discrétion de l'arbitre. Cette tâche déléguée à un observateur extérieur libère les joueurs du risque d'anticipation et ne nuit pas au jeu.
Dans le cas où cette solution paraît trop simple ou bien si le concept nécessite de minuter l'improvisation avec précision, le modèle IINÉE suggéré ici est de nature à rendre la tâche plus aisée. Il propose 5 moyens de réaliser une chute d'impro afin de la rendre plus spectaculaire et de donner l'impression au public que même à travers l'impro le joueur maîtrise parfaitement sa situation. On aime penser que cette sensation donnée au public ne soit que factice et que le joueur continue à exercer en funambule plûtot qu'en parfait superviseur.
Le modèle IINÉe correspond aux 5 types de fins suivantes.
I Image de groupe : ce type de chute est toujours le bienvenu, il est compatible avec tous les autres. Les joueurs se rassemblent, se figent avant de proférer en choeur ou grâce à l'un d'entre eux le(s) mot(s) de la fin - à moins que ce dernier ne soit qu'un silence-.
I interrogation : Le joueur énonce la mot de la fin sous forme d'interpellation, de question au public.
N Nouveau point de vue : cette technique est la plus spectaculaire. Elle peut provenir d'un joueur extérieur à la scène, inspiré par le coach, qui aura eu suffisamment de recul pour énoncer une fin qui donne un point de vue totalement inattendu et différent de l'impro.
É Epilogue : C'est la fin linéaire et simple par excellence. Le mot de la fin qui décrit le nouvel état de la situation : "ils se marièrent et ils eurent beaucoup d'enfants"
 E Ellipse : Le derniere phrase énoncée reprend l'argument principal de l'impro et le résume. Le proverbe, la morale sont des formes efficaces..

Prenons l'exemple suivant. Supposons que nous venions de jouer l'histoire du petit chaperon rouge...

  • Image de groupe : plusieurs joueurs en ligne, gueule ouverte, les bras figés évoquent des têtes de loups empaillés sur le mur.
  • Interrogation : "Mesdames, pensez-vous qu'en ces temps de fièvre et de fureur, une jeune fille menue, aux joues rouges et au lourd panier, puisse traverser lsans escorte une sombre forêt?
  • Nouveau Point de Vue : "jeunes filles ardentes, ne mélez pas votre famille à vos affaires de coeur, surtout lorsque c'est un mauvais garçon!"
  • Épilogue : Plus jamais, au grand jamais la petite fille aux rouges joues et au panier trop lourd n'emprunta le sombre chemin qui plongeait dans la forêt..
  • Ellipse :  Jeunes filles en fleur, Coeurs plein d'ardeur, ne vous éloignez pas des chasseurs!. Les deux dernières phrases de la version de Perrault sont :
Mais hélas ! qui ne sait que ces Loups doucereux,
De tous les Loups sont les plus dangereux.

Pour s'exercer, c'est le monde à l'envers, on fait des chutes d'impro sans en faire forcément les débuts. Jouer et rejouer la même fin d'impro en passant par les 5 façons de faire.
Merci à l'équipe de Gap avec qui nous avons testé ce modèle...

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