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1 février 2008 5 01 /02 /février /2008 00:00
Voici un modèle (de ma fabrication) pour tenter de mieux comprendre le phénomène mystérieux de l'improvisation. Le modèle affiche le lien entre l'intensité de la prise de risque et celle de l'écoute. Il se compose de six zones. 1. Savoir faire C'est la zone des techniques de base de l'impro, la zone de tâtonnement où œuvre le plus souvent le débutant, où se développe la maîtrise du jeu. Les violations des principes de l’impro s’opèrent dans cette zone: refus, trop-plein d’offres, questionnement intempestif, retard de jeu… 2. Confort C’est la zone où l’improvisateur maîtrisant les techniques de base, se sent en relative confiance lorsqu’il monte sur scène. Cette zone est aussi une zone de sauvegarde lorsque l’improvisateur en manque d’inspiration interprète par exemple un type de personnage qu’il maîtrise. C’est la zone où l’improvisateur prend un minimum de risque pour paraître à son avantage, la zone où il joue pour un casting virtuel ou un «comité d’approbation ». 3. Contrôle Dans cette zone, l’improvisateur désire contrôler la scène. Il mène le jeu et il prend l’initiative. C’est dans cette zone que se déroule notamment l’impro supplémentaire du match d’impro. Elle peut se caractériser par une bonne construction mais peu d’écoute puisque qu’une partie des joueurs tente de prendre totalement le jeu à son compte. 4. Etat de grâce C’est la zone de lâcher-prise, mais où l’impro semble se dérouler comme si elle avait été écrite à l’avance. Les acteurs s’accordent sans heurt, dans le moment présent. Inspirés par la fée de l’impro, ils tentent des expériences qui sortent des sentiers battus. 5. Vulnérabilité L’improvisateur prend trop de risques sans pouvoir les assumer. La pression est trop grande, il veut trop bien faire ou bien il manque d’écoute ce qui le met en porte à faux par rapport au jeu. C’est la zone qui suscite le plus de crainte et où parfois, le joueur se "brûle les ailes". 6. Exploration C’est la zone où l’improvisateur va en dehors de ses limites. Il ne peut aller au bout de son projet. Il tente quelque-chose de nouveau mais hélas la tentative échoue partiellement, mais elle reste prometteuse. Dans ce modèle, remarquons la proximité de l’état de grâce et des zones d’exploration ou de vulnérabilité. Ces zones sont caractéristiques d'un risque mal géré. La zone de vulnérabilité est celle que craint le plus l'improvisateur. Insister sur la zone de contrôle est aussi une manière d'éviter sa zone de vulnérabilité. La zone d’apprentissage va du jaune au rouge (1-3-4-5-6). Que voudrait dire prendre un risque? C’est ne pas anticiper. Ne pas trop jouer sur ses propres ficelles. Tenter des choses que l’on a jamais réalisées en public… L’improvisateur est soumis à un paradoxe : augmenter sa zone de confort par la pratique et être amené à prendre de plus en plus de risques s’il ne veut pas se répéter, s'il ne veut pas exercer constamment dans sa zone de confort, source de répétition… Lors d’un spectacle d’impro, on cherche à exercer dans la zone dite cible, afin d’assurer au minimum le spectacle. L’état de grâce ne se décide pas, au mieux il se provoque, c'est la cerise sur le gâteau.
modèle_Risque_Ecoute

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Published by Christophe Tournier - dans Atelier d'impro
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  • : Christophe Tournier, auteur du manuel d'improvisation théâtrale, vous fait partager ses explorations dans le monde merveilleux de l'improvisation théâtrale.
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