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15 novembre 2014 6 15 /11 /novembre /2014 12:18

Il existe de nombreuses analogies entre les techniques d'improvisation et l'écriture. Deux exemples en vrac :

- Au XIXème siècle, nombre d'écrivains écrivaient des feuilletons dont ils inventaient les péripéties au jour le jour.

- Fréquemment les auteurs se disent possédés par leur personnage et vont même parfois jusqu'à imaginer des techniques pour ne pas se laisser envahir.

Un écrivain "improvisateur" est Dotstoïevski, dont l'histoire la plus connue dans la littérature est celle du "Joueur". Après un défi avec son éditeur, il le dicta en 27 jours, debout, à sa future femme. Le livre comporte un peu plus de 50000 mots. Les dernières traductions comme celle de Markowizc évitent l'enjolivement du texte en tentant de lui restituer sa forme primitive. On écoutera cette belle émission de radio sur l'adaptation au théâtre de l'écriture brute de fonderie de Dotstoïevski.

Ecrire vite fait partie du processus. Pourquoi? Parce que la vitesse d'écriture permet de contourner le propre jugement de l'auteur, prompt à voir des erreurs de grammaire, d'orthographe, de logique... Cette idée est mise en exergue par un évènement planétaire créé aux Etats-Unis : le Nanowrimo (National Novel Writing Month). C'est un concours ouvert à tous quelque soit sa langue et son pays (voir France). Le jeu consiste à écrire un roman de 50000 mots pendant le mois de novembre. Chris Baty, un des fondateurs de cet évènement -notant que seulement 17% des participants arrive au bout- le présente ainsi dans "No plot, no problem".

"Une exubérante imperfection vous encourage à écrire sans esprit critique, à expérimenter, à casser les règles immémoriales de l'écriture, juste pour voir ce qui se passe. Dans un premier brouillon, rien n'est permanent, et tout est réparable. Alors restez libre et flexible, et garder vos ambitions au plus bas." Autrement dit, l'écriture au cours de cet évènement est rapide et les relectures sont à proscrire. On y perdrait trop de temps et on prendrait le risque de réveiller le censeur et comme dans une improvisation théâtrale, on ne revient pas en arrière.

De Dotstoïevski au Nanowrimo

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  • : Christophe Tournier, auteur du manuel d'improvisation théâtrale, vous fait partager ses explorations dans le monde merveilleux de l'improvisation théâtrale.
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